Baserow est un hybride tableur et base de données, alternative open source à Airtable, éditée par une société néerlandaise et hébergée en Allemagne. Le cœur est sous licence MIT et auto-hébergeable sans limite de lignes. Son IA accepte ta propre clé d'API, y compris un modèle Ollama en local. Plan gratuit réel, Premium à 8,67 € HT par utilisateur et par mois en annuel.
Baserow est une base de données relationnelle qui se manipule comme un tableur : des tables, plus de vingt types de champs, des relations, des filtres, des vues. C'est la promesse d'Airtable, avec deux différences qui comptent pour un utilisateur européen. Le cœur du produit est open source sous licence MIT, donc auto-hébergeable, et l'éditeur est une société néerlandaise dont le cloud est hébergé en Allemagne.
Sur la partie IA, Baserow va plus loin que la plupart de ses concurrents. L'assistant Kuma comprend le contexte d'un espace de travail et crée des tables, des champs et des vues à partir d'une description. Un type de champ dédié génère du contenu ligne par ligne à partir d'un prompt. Et surtout, le produit fonctionne en apport de clé personnelle : tu branches OpenAI, Anthropic, Mistral, OpenRouter ou Ollama. Avec Ollama, la documentation précise que les données ne quittent jamais ton infrastructure.
Le produit embarque aussi un serveur MCP natif, disponible dès le plan gratuit, qui permet à un modèle de lire et d'écrire dans un espace de travail en respectant les permissions de l'utilisateur rattaché.
Qui est derrière Baserow ?
Baserow naît début 2019 comme projet personnel de Bram Wiepjes, développeur néerlandais alors âgé de 25 ans, qui pousse le premier commit en février et développe l'outil le soir et le week-end. L'ambition est d'offrir une alternative open source à Airtable, construite sur Django, Vue.js et PostgreSQL, auto-hébergeable sans limite de lignes ni de stockage.
L'éditeur est aujourd'hui Baserow B.V., société immatriculée à Amsterdam sous le numéro KvK 81129254. Olivier Maes, venu de Rancher Labs et de Mendix, rejoint le fondateur comme directeur des revenus. En juillet 2022, la société lève 5 millions d'euros en amorçage auprès du fonds Inkef, avec firstminute capital, Seedcamp et Frontline. Cette levée finance le lancement des éditions payantes et le passage d'un développeur solo à une équipe distribuée.
Février 2019
Bram Wiepjes pousse le premier commit de Baserow, publié sur GitLab.
Juillet 2022
Levée de 5 millions d'euros en amorçage menée par Inkef, lancement des éditions payantes.
Novembre 2025
Baserow 2.0 : constructeur d'automatisations, assistant IA Kuma et double authentification.
Avril 2026
Baserow 2.2 et publication officielle sur la résidence des données, qui confirme l'hébergement en Allemagne.
Juillet 2026
Baserow 2.3 : édition en temps réel visible, workflows réutilisables, import de fichiers Excel.
Pour qui ?
✓ Idéal pour
Une équipe qui veut Airtable sans envoyer ses données hors d'Europe, ou qui doit tout garder sur son propre serveur.
✕ À éviter si
Tu as besoin d'applications mobiles natives, ou tu crois que l'open source débloque toutes les fonctions.
Fonctionnalités clés 8
Base de données relationnelle en interface tableur
Tables, plus de vingt types de champs, relations entre tables, filtres, tris et regroupements, le tout sur un moteur PostgreSQL. Les vues Grille, Formulaire et Galerie ainsi que les tableaux de bord sont disponibles dès le plan gratuit. Les vues Kanban, Calendrier, Timeline et Sondage démarrent au plan Premium, ce qui est la première chose à vérifier avant de comparer les prix avec Airtable.
Kuma, l'assistant IA intégré
Kuma comprend le contexte de ton espace de travail et agit dessus : il crée des tables avec leurs champs et leurs relations à partir d'une description, rédige des formules, crée des vues avec filtres et regroupements, et génère des pages d'application complètes. Il est disponible sur les quatre paliers, plan gratuit compris. En auto-hébergement, l'administrateur choisit lui-même le fournisseur et le modèle qui l'alimentent.
Apporter sa propre clé d'API, et brancher un modèle local
Baserow fonctionne en apport de clé personnelle au niveau de l'espace de travail ou de l'instance. Les fournisseurs supportés sont OpenAI, Anthropic, Mistral, OpenRouter et Ollama. C'est Ollama qui change tout sur le volet souveraineté : la documentation précise qu'avec lui les données ne quittent jamais ton infrastructure, ce qui rend possible un déploiement totalement isolé.
Champ IA et générateur de formules
Le type de champ IA génère du contenu ligne par ligne à partir d'un prompt qui s'appuie sur les autres champs, avec régénération automatique quand une source change et génération groupée. Le générateur de formules traduit une description en syntaxe Baserow. Attention : ces deux fonctions sont exclues du plan gratuit et démarrent au Premium.
Serveur MCP natif dès le plan gratuit
Baserow embarque un serveur MCP intégré, pas un connecteur tiers. Chaque point d'accès créé depuis l'espace de travail génère une URL unique qui fait office d'identifiant, à traiter comme un mot de passe puisqu'elle donne un accès complet en modification. Il expose sept opérations : lister les bases et les tables, lire un schéma, lister, créer, modifier et supprimer des lignes.
Constructeur d'automatisations avec nœud agent
Des workflows sans code déclenchés par des événements de base de données, avec actions, formules, variables et branchements conditionnels. La consommation se compte en crédits mensuels par espace de travail : 2 000 sur le gratuit, 100 000 en Premium, 500 000 en Advanced. Un nœud agent IA est disponible sur tous les paliers, mais les nœuds Code et Excel exigent le plan Advanced.
Constructeur d'applications et portails
Tu publies des applications et des portails sur un sous-domaine ou un domaine personnalisé, avec pages, formulaires et sources de données. Jusqu'à 500 utilisateurs d'application sont inclus. La mention « Made with Baserow » est imposée sur les plans gratuit et Premium : son retrait, le CSS personnalisé et l'authentification unique des utilisateurs d'application exigent le plan Advanced.
Auto-hébergement sans limite de lignes
L'installation se fait par conteneur Docker, avec plusieurs méthodes documentées. La FAQ officielle est explicite : la version auto-hébergée n'aura jamais de limite de lignes, de stockage ou de requêtes d'API, et restera gratuite. C'est le cœur MIT qui est concerné, les modules Premium et Enterprise restant payants même sur ton propre serveur.
Les limites, la partie honnête 5
Open core, pas open source pur
Les dossiers premium et enterprise sont sous licences propriétaires qui interdisent l'usage en production sans abonnement payant. Auto-héberger ne débloque donc ni les vues Kanban, Calendrier et Timeline, ni le champ IA, ni les permissions par rôle, ni les journaux d'audit.
Aucune application mobile native
Vérification faite le 16 septembre 2026 : aucune application éditée par Baserow sur l'App Store, aucune mention d'application mobile sur le site ni dans le dépôt. L'usage mobile passe par le navigateur, là où Airtable propose des applications iOS et Android.
La documentation se contredit sur la localisation des données
La FAQ officielle affirme sur la même page que les données sont stockées à Amsterdam et que les serveurs sont en Allemagne. Le centre de confiance et la publication d'avril 2026 disent Allemagne. C'est l'UE dans tous les cas, mais l'incohérence est réelle et le fournisseur cloud n'est jamais nommé.
Documents de conformité non téléchargeables
L'accord de traitement des données est prévu contractuellement mais son texte n'est pas public, la liste des sous-traitants n'est pas publiée, et le rapport SOC 2 n'est pas en libre accès. Pour un acheteur public, ces trois pièces sont à réclamer à l'éditeur.
Les contributions externes sont fermées
Le projet n'accepte plus les propositions de code externes non sollicitées, invoquant le temps de revue et le volume de contributions générées par IA. Pour un produit vendu comme open source, cela limite en pratique l'appropriation par la communauté.
Conformité & souveraineté
Hébergement des donnéesUE
RGPDConforme
AI ActMinimal
Entraînement sur tes donnéesN'entraîne pas
Interface en françaisOui
Éditeur néerlandais, droit applicable néerlandais, hébergement cloud dans l'UE, accord de traitement prévu contractuellement, chiffrement au repos et TLS 1.2 minimum en transit. Réserves de transparence : texte de l'accord non public, liste des sous-traitants non publiée, fournisseur cloud jamais nommé.
MCP (Model Context Protocol)
✓ MCP disponible · Officiel
Serveur MCP natif embarqué, disponible dès le plan gratuit, sept opérations de lecture et d'écriture.
3 000 lignes et 2 Go par espace de travail. Vues Grille, Formulaire et Galerie. Serveur MCP, assistant Kuma et nœud agent IA inclus. 500 utilisateurs d'application. Historique des modifications sur 14 jours.
Premium (annuel)
8.67 € /mois
50 000 lignes et 20 Go. Toutes les vues, dont Kanban, Calendrier et Timeline. Champ IA et générateur de formules IA. Commentaires, export XML, JSON et Excel. Historique sur 90 jours. Prix affiché 10 dollars hors taxes.
Premium (mensuel)
10.4 € /mois
Le même périmètre sans engagement. Prix affiché 12 dollars hors taxes par utilisateur et par mois.
Advanced (annuel)
15.6 € /mois
250 000 lignes et 100 Go. Permissions par rôle, par champ et par vue. Journaux d'audit. Nœuds Code et Excel. Synchronisation Jira, GitLab, GitHub et HubSpot. Prix affiché 18 dollars hors taxes.
Auto-hébergé
Gratuit
Lignes, stockage et requêtes d'API illimités, sans limite de durée. Cœur sous licence MIT. À ta charge : le serveur, les sauvegardes et les mises à jour. Les fonctions Premium et Enterprise restent payantes par utilisateur.
FAQ Baserow 6
Baserow est-il vraiment gratuit ?
Oui, dans deux sens différents. Le plan cloud gratuit n'a pas de limite de durée mais plafonne à 3 000 lignes et 2 Go par espace de travail. En auto-hébergé, la FAQ officielle précise qu'il n'y aura jamais de limite de lignes, de stockage ou de requêtes d'API. Mais les fonctions Premium et Enterprise restent payantes, même sur ton propre serveur.
Baserow est-il une vraie alternative open source à Airtable ?
Partiellement, et c'est un point d'honnêteté. Le cœur est sous licence MIT, très permissive, mais les dossiers premium et enterprise sont sous licences propriétaires interdisant l'usage en production sans abonnement. Baserow se décrit lui-même comme « open core » et parle de code « source available » pour ces modules.
Où sont hébergées les données de Baserow ?
Dans l'Union européenne. La source la plus récente, une publication officielle d'avril 2026, indique l'Allemagne, position reprise par le centre de confiance. À noter : la FAQ officielle se contredit sur la même page en évoquant Amsterdam à un endroit et l'Allemagne à un autre. L'éditeur, lui, est bien néerlandais.
Baserow utilise-t-il mes données pour entraîner ses modèles ?
Non. La documentation officielle indique que Baserow n'utilise pas les données client, ni les prompts, ni les sorties, ni le contenu des tables pour entraîner ou améliorer ses modèles internes. À nuancer : sur le cloud, les journaux de prompts sont conservés 6 mois, et les données transitent par le fournisseur d'IA que tu choisis.
Baserow est-il en français ?
Oui. L'interface existe en six langues dont le français, réglable dans les paramètres. La documentation officielle, elle, reste en anglais.
Peut-on faire tourner l'IA de Baserow en local ?
Oui, c'est le point qui le distingue vraiment. Baserow supporte Ollama comme fournisseur, et la documentation officielle précise qu'avec Ollama les données ne quittent jamais ton infrastructure. Combiné à l'auto-hébergement, cela permet un déploiement où ni les données ni les prompts ne sortent de chez toi.